Vivre à Pouldergat

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rigine de Pouldergat

L'Armorique, aux Vème et VIème siècles, vit débarquer sur ses rivages de nombreuses bandes de Bretons insulaires que l'invasion saxonne avait chassés de leur patrie. Sous la conduite de leurs chefs de clans, de moines ou d'évêques, ces émigrants arrivaient des diverses régions de l'île de Bretagne, principalement des provinces comprises dans la Cambrie et de celles qu'occupaient les Cornovii, peuple considérable qui a donné son nom à la Cornouaille armoricaine.

D'autres émigrations importantes, notamment celle des Corisopites, eurent pour point de départ la Bretagne du Nord. C'est à ce dernier Pays - d'après Mr de la Villemarqué (1) - que devait appartenir saint Ergat ou Argad que la Paroisse de Pouldergat honore comme fondateur. Fils du roi barde Loumarch, chef d'un petit Etat nommé l'Argoët, saint Ergat, selon la tradition de la paroisse (2), aurait lui-même été barde.

La vie de saint Ergat n'a pas été connue des hagiographes et le souvenir de son apostolat serait depuis longtemps effacé, si le nom d'Ergat n'était resté incorporé dans celui d'un certain nombre d'églises et de chapelles que la vénération des fidèles avait placées sous son patronage. Dans le seul diocèse de Quimper, indépendamment de Pouldergat, on pourrait citer comme ayant été vraisemblablement consacrées à ce saint, l'ancienne trêve de Tréouergat (3) et bien qu'elles aient changé de vocable, les paroisses de Pouegat Moysan et de Plouégat Guerrand (4).

C'est au sud de la baie de Douarnenez, non loin de l'endroit où l'opinion la plus accréditée place la légendaire ville d'Is, que vinrent s'établir les exilés qui avaient suivi St Ergat. Le Pays, à cette époque, ne devait compter que de rares habitants et le Plou qu'y fondèrent les bretons put se développer dans la partie méridionale d'un ancien pagus qui s'étendait à l'Est jusqu'au ruisseau du Riz, au Nord et àl'Ouest jusqu'à la mer et au Midi jusqu'à la baie d'Audierne et à la rivière de Pont-Croix.

Ce vaste territoire, dans les chartes du Moyen-Âge, est encore dénommé Pagus-cap-Sizun. Dans ses limites se constituèrent, sous l'influence de la colonisation bretonne, onze circonscriptions paroissiales dont l'une des plus importantes devait être celle de PLODERGAT (5).

Le document le plus ancien qui mentionne la paroisse de Pouldergat remonte à l'année 1126 : Charte de 1126.

Antérieurement à cette date, en 1121, Robert, évêque de Cornouaille, avait donné au prieuré de saint-Tutuarn (île Tristan) les deux tiers de la dîme de Plodergat plebs sancti Ergadi) et en outre le tiers du droit de sépulture et des offrandes faites à l'église paroissiale, le jour de Pâques; mais la charte qui relate ces dons ne fut dressée qu'en 1126. Cette charte a été publiée dans le Bulletin de la Soc.Ar. Du Finistère de 1905, p 249 :

Voici donc ce que, du consentement de tout mon clergé, de Conan, duc des Bretons, et de tous les barons de Cornouaille, pour le salut de mon âme, celui de mes prédécesseurs et de mes successeurs, j'ai donné et concédé à perpétuité aux moines de Marmoutier, à savoir : l'église de Saint-Tutuarn avec tous ses revenus et dépendances et Hamoth comme il est dit ci-dessus :


(1) Revue de Bretagne et de Vendée, 1887, p. 11-18

(2) La même tradition veut que St Ergat ait habité Kerdergat, village situé à un kilomètre au S.O. du bourg

(3) L'église de Tréouergat qui possède des reliques du saint, en a cédé une partie à Pouldergat.

(4) Bull. archéol. du Fin. 1913, p. 20 et la Bretagne contemporaine, III, p. 63. 5

(5) Pouldergat (avec Pouldavid) a 2995 hectares de superficie et compte actuellement 3111 habitants.


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